Guilde des Routards

GUILDE DES ROUTARDS


La Chaussée du Lac

L'hostellerie des Quatre Vents
Sise au 43 de l'échelle du Sabot, cette auberge modeste doublée d'une maison de jeux est fréquentée principalement par la population masculine du quartier. A la cave, on joue aux dés, aux cartes, et on parie à des courses de rats. L'étage quant à lui possède deux pièces pouvant être vaguement assimilées à des chambres. Les fenêtres sont dépourvues de vitres et les volets ferment mal mais nul cambriolage n'y a jamais été commis. Bors Kalgurn, le propriétaire de l'établissement serait, dit-on, bien protégé...

L'échelle des Pendus
Rue pestilentielle où l'on expose les pendus, qui dansent avec le saghiann, contre les façades lépreuses tandis que dans le caniveau central pousse la mandragore. On y trouve les loyers les plus modérés de toute la Cité Sainte. Des alchimistes louches viennent s'y échanger des petits papiers à la nuit tombés. Les mouettes y sont plus grasses qu'ailleurs et quiconque s'y aventure risque de voir ses habits tachés irrémédiablement par le pus noirâtre qui coule des cadavres. Les gosses des rues, comme une bravade, viennent parfois dérober des morceaux de condamnés. A chaque bout de la rue, deux mendiants unijambistes et aveugles parfument pour quelques pièces les mouchoirs ou la manche des passants, afin qu'ils se l'appliquent sur le nez et survivent à la puanteur ambiante...
On raconte toutefois que le parfum utilisé serait en fait un psychotrope qui pousserait des gens sans histoire à commettre des crimes monstrueux.

La place de la Cloche
Sur la place de la cloche, on peut contempler un des miracles de l'artisanat local : L'horloge du myrmidon, un chef d'oeuvre où se côtoient quatre automates de métal argenté. A chaque heure, le guerrier, personnage central de l'oeuvre, affronte un des monstres qu'a créé l'horloger. Ce peut être le coquatrix, dressé sur ses ergots, le crabe géant qui surgit d'une grotte, ou bien le gigantesque dragon lové autour de la merveilleuse machine et qui égraine les minutes par le soulèvement respiratoire de ses côtes. A midi et à minuit la place se couvre de curieux car c'est avec les trois monstres en même temps que l'homme va exécuter une chorégraphie mécanique et mortelle.

Histoire Vécue

"Bonjour monsieur, gardes douaniers, c'est la première fois que vous venez à Laelith ? Non ? vous y êtes déjà venu trois fois... Bien, bien. Sergent, impôt sur le revenu pour monsieur... Et bien ! trois fois bien sûr !!!..."
Vu à un débarquement de voyageurs sur le port

Le Goéland Goguenard / La Mouette Rieuse
Cette auberge appartient à deux cousins, Marcus et Alecto, qui sont incapables de s'entendre sur quoi que ce soit. Même le partage de cette auberge, héritage d'un parent éloigné, tient du fiasco. Ainsi d'une semaine sur l'autre, cet établissement change de nom tandis que les deux cousins échangent leur place.
Lorsque Marcus est le patron, on entendrait ronfler les doudilains. Personne ne bronche, même pour réclamer les plats qui arrivent au compte goutte. L'ancien sergent des gardes douaniers est toujours alerte pour ce qui est de calmer les récalcitrants et de plus il a gardé suffisamment de relations pour faire de la vie de quiconque un enfer administratif. Bon nombre de ses anciens collègues viennent y prendre leur pause, ce qui fait qu'il y a souvent plus de soldats ici qu'au poste de garde. Pendant ce temps Alecto rêvasse en cuisine et s'essaye à des recettes mi poétiques, mi aléatoires, aux saveurs souvent inattendues.
Quand Alecto est aux commandes, l'auberge prend des airs de Café des Arts. Elle se remplit de poètes et d'artistes sans le sou, venus échanger une ballade contre les restes de la solide mais terne cuisine militaire de Marcus.
Un bazar joyeux prend possession des lieux et l'on se surprend tout à coup à fredonner... Citons encore Perrette, la serveuse, dont Marcus s'est entiché et qu'Alecto congédie à la première occasion.

Evenements

• un marin a dressé un phoque qui amuse la galerie. Ce dernier poursuit un PJ pour goûter à ce qu'il mange.

• un prêtre ou un pèlerin du Poisson d'Argent tombe en adoration devant un poisson au fond d'une jarre. Il prêche, les fidèles se rassemblent. Procession jusqu'au temple, débordement fanatique ou intervention des gardes douaniers et d'un haut prêtre ?

• Un dresseur azilianais quelque peu magicien organise un balai de poisson sauteur, bondissants de jarre en jarre. A moins que ce soit des charmeurs d'anguilles...

• Vomissements en chaînes et maux de ventres. Ordalphabetix le gob aurait il mal lu la date de péremption du chutney de baudroie qu'il a offert ce soir à la dégustation ?

• les larves du grand Uhluhtc devraient rester dans les grands fonds, avec leur papa...

Quai de l'Antiquaille
Tous les mois sur les quais noirs de l’Antiquaille, l’on dresse des mats courts boursouflés de lampions, des carpes de papiers O’Don Dong , des dragons et des globes, échappés de Kaoca, des longs accordéons aux anneaux bicolores et des araignées ventrus aux huit pattes de guirlande. Chimères de carton-pâte, toutes enceintes d’un feu moqueur et tressautant qui couve dans leurs flanc, elles éclairent les badeaux endimanchés, les marins, pipe au bec, et les gavroches dépenaillés dont la misère crasse a déteint sur les joues. Tout ce monde se presse, se bouscule et se penche au dessus de grandes jarres où dorment des merveilles, enfants cachés du Haut Lac, des étoiles de mer aux jambes interminables, des lamproies aux long cils, ou ces seiches caméléons, agacées par la foule et qui rivalisent avec les paons et les feux d’artifices, dans une débauche de couleurs courroucées, pathétiques tentatives de faire fuir les curieux sans cesse plus nombreux. Les pêcheurs en manche de chemise et le verbe haut ne sont pas peu fiers de leurs trouvailles, des spécimens étranges pêchés dans leurs filets, du sar réversible, qui ne sait pas tourner en rond dans son bocal et se heurte aux parois, avant de se retourner comme un gant pour faire demi tour, en passant par les poissons-roche, anonymes cailloux qui se révèlent voraces et tout en dents pour peu qu’on leur lâche une proie malchanceuse.
Producteurs et artisans profitant de l’affluence, exposent leurs créations et présentent leurs gourmandises en dégustation, confitures d’anchois, sels d’algues, tielles et arak de poisson, pendeloques de nacre et entrelacement de perles qui iront ruisseler dans les décolletés de ces dames de la Haute Terrasse.

Rue des lampions
Cette rue est une petite tranche du moyen orient. Ses habitants sont essentiellement d'origine kinabienne, leur archipel a été rasé par des raz de marée successifs. Ils invoquent la colère d'un dieux cruel et abyssal...
Devant chaque porte, à la nuit tombée, un lampion en papier de soie s'illumine, ici une sphère écarlate toute frangée d'or, là le visage grave d'un ancêtre, ou bien un long poisson décoré d'idéogrammes. Si vous les interrogez au sujet de ces luminaires, ils vous diront que c'est leur façon de commémorer tout ce qu'ils ont perdu. Des veilleurs arpentent la rue la nuit et essayent que, jamais, une de ces lanternes ne s'éteigne...

Echelle du Long Sabbat
Lorsqu'un particulier fit refaire sa façade, il y plusieurs années, les ouvriers mirent à jour une frise aux aspects démoniaques. Tout le long du mur, à un mètre quarante du sol, des squelettes et des bourgeois entament une danse macabre. Le propriétaire voulut faire détruire cette sulfureuse œuvre d'art, mais il fut stoppé dans son élan par une délégation du temple du Crâne. Depuis plusieurs autres frises ont été restaurées et l'on chuchote même que le temple aurait acheté quelques bâtisses alentours...

Rue qui beugle
Une rue avec une étroiture, derrière les abattoirs. C'est par là qu'arrive une partie du bétail, mais trop souvent, à cause de l'affluence, ça coince poitrail contre poitrail, d'où les cris.

Rue du haut des crues
C'est là que s'arrêta la crue la plus importante de l'Altalith, mais suite à la crue sans précédent du scénario "Les traces du châtiment" elle sera rebaptisée la Rue des Gagnes Petit.

Rue des piécettes
Les commerces les plus bas de gamme de Laelith : dortoirs humides, gargotes douteuses et fripiers...

L'échelle de Jonas
Son issue prés du port est décorée d'une immense mâchoire garnie de fanons. Un jour sans qu'on comprenne d'où elle vienne, une grosse créature du genre baleine s'est échouée sur le Quai des Contrebandiers en brisant au passage les appontements. Malgré les efforts des fidèles du Poisson d'Argent, elle décéda. Ses ossements ornent désormais l'échelle.

Instantanés

• Batistina, la nièce d'Argéliéb, vient d'arriver à Laelith. Elle a trouvé l'échoppe de son oncle déserte et, à peine engagée dans les sous sols, d'étranges bruits l'on fait remonter à la surface pour aller chercher de l'aide. Une colonie de lémures a proliféré dans les bassins. Ces esprits échappés des enfers, incarnés dans des corps de boue dégoulinante, ont fait d'Argéliéb leur première victime, qui sera la prochaine ?

• Batistina reprend le négoce de son oncle. Elle a mis la main sur ses notes et ses cartes et va parcourir les marais alentours pour remplir les bassins. Les PJ vont-ils l'aider à prendre la tête d'une caravane de 30 ookhabs chargés de tonneaux ?

Les Boues D'Argéliéb
Aucune enseigne et aucune publicité pour cet établissement. On se passe l'adresse entre initiés. Malgré cela il faut souvent réserver longtemps à l'avance... Une fois passée la porte, Argéliéb, un petit homme gris et muet, vous guidera à travers une série de souterrains jusqu'à une salle en sous sol, où glougloute un petit bassin de pierre rempli de boue. Un bain dans cette gadoue effacera vos cicatrices les plus récentes. Des rumeurs prétendent que si on y passe la nuit, on ressort aussi lisse qu'un bébé. Il y a aussi d'autres escaliers, d'autres portes et d'autres bassins... L'un d'eux guérit les problèmes de peau, un autre ressoude les fractures, et on raconte qu'un dernier réparerait les âmes brisées... Qui sait quels secrets abritent ce dédale de caves, d'escaliers et de salles voûtées...

La Main qui Travaille

La Boutique de Silence.
Au fond de l'impasse du Jugement, entre l'échelle des Cuirs et le Pont des Morts on peut trouver la boutique d'un fabricant de jouets. Silence, tel est son nom, construit des petits personnages en bois et en paille. Des lutins qui, telle que l'indique l'enseigne de la boutique, " Vous protègent et vous surveillent, et peuvent même s'animer, lorsque dort la maisonnée ".
Malgré leur prix prohibitif, les petits bonshommes de Silence semblent exercer une véritable fascination sur les clients. On dit que nul ne sort jamais de la boutique sans acheter un lutin. Il arrive même parfois, seulement parfois, que Silence vous fasse un cadeau...

La rue du Fossé aux Loups
Anciennement, c'est dans cette rue, qu'on amenait les loups pris aux abords de la ville sainte pour les y jeter dans un grand fossé. Aujourd'hui, la rue regroupe quelques artisans tanneurs des plus émérites. Parfois, la nuit, on jurerait entendre des hurlements de loups...

Echelle du Bon Docteur Armikal
Cette rue reçue le nom du généreux apothicaire qui sauva les citoyens Laelithiens d'une épidémie foudroyante de Bohu sous le règne de Coloquinte Premier. L'histoire n'a pas, hélas, gardé en mémoire le nom de son courageux apprenti, qui n'hésita pas à franchir en douce le cordon sanitaire, après qu'il se fut assuré de n'être point porteur du virus. Il avait pour mission d'aller quérir les ingrédients nécessaires à la confection d'un remède et ce, dans les endroits les plus dangereux de la région... Ingrédients qu'il faisait parvenir à son maître par un dispositif magique connu sous le nom des Coffres de Phileas le Prolifique. Ces coffres ont d'ailleurs été conservés, ainsi que le laboratoire du professeur, au 15 de cette rue.

Le Nuage

Un temple secret à Seth
Une fois que les autorités l'ont appris, il n'a pas tenu fort longtemps. Certains disent que ce temple était l'équivalent architectural d'un être-brouillard, d'autres que les prêtres étaient des êtres brouillard eux-mêmes. Certains enfin prétendent qu'ils se servaient des êtres brouillards et parvenaient à les faire exister en dehors des brumes. Mais ce ne sont que des rumeurs.

Echelle du Goulet aux Rhumes
Le surnom de cette rue est vieux comme le Châtiment. Du n°1 jusqu'au n°88 où elle fait un coude, cette artère n'est qu'un manchon où s'engouffrent les vents en furie. Voyez : du gel au dessus des portes jusqu'en plein été... Il y fait toujours un froid mordant et quand souffle le saghiann, seuls les plus forts peuvent réussir son ascension, en se cramponnant aux rampes. De même, il est prudent de descendre assis : mieux vaut être ridicule et frotter ses fesses contre les marches, que de se faire emporter par une bourrasque et se briser les os.

La Prospérité

Echelle des Croisés
Pendant prés de trente ans, le 67 de cette rue aura été le lieu d'exil d'un prince azilianais tombé en disgrâce, Omar Ibn Oulali. Il s'y est enfermé avec ses araignées et ses quarante femmes, jurant de ne sortir que pour regagner ses terres ancestrales. Ses cavaliers, encore habillés des cottes de maille dérobées aux croisés agramoriens des décennies auparavant, arpentaient jour et nuit la ville en criant les mérites de leur maître, réveillant le voisinage et traçant d'aériennes arabesques du bout de leur sabre sur les façades fatiguées...

Echelle du Bowling aux Gobs
Lors de la récente guerre civile, aussi appelée guerre du Cloaque, des gobelinoïdes avaient percé une sortie au bas de cette échelle très pentue. Ils furent tenus en respect pendant près de quatre heures par les joueurs du bowling que vous pouvez apercevoir au sommet de cette montée. Les pauvres créatures tombèrent comme des quilles et le meneur de ces héros, un titan surnommé " 120 kilos ", fut décoré par Magnus Thane lui même...

La Marche des Amourettes et l'impasse des Amourettes
Cette petite rue montante (d'où son nom de marche, ou petite échelle) se termine par une impasse sans porte. C'était l'endroit jadis où les amants pouvaient se promener dans l'anonymat en se comptant fleurette. Aujourd'hui, les douces bien-aimées ont laissé la place aux filles de joie et aux courtisanes. La faune qui fréquente l'endroit est des plus hétéroclite.

Quelques membres

Gorshtron Argazuk, Soigneur attitré des embrocheurs : il semble être toujours là. Il ne participe que très rarement et semble tirer une joie sadique de voir échanger les coups.

Voldo, aveugle et silencieux, tout de cuir vêtu, il traîne sa carcasse dégingandé dans les tunnels du Cloaque. Il chercherait une épée toute puissante que son maître aurait perdue par sa faute...

Sire Rancild d'Artillac : par les antennes de Belzebuth, seigneur des mouches, que voilà un joyeux compagnon, blond et sautillant, digne d'un conte de fées. Mais a-t-il vraiment besoin de faire escalader sa monture jusque dans la salle d'armes ? Je dois reconnaître que son pur sang sait se tenir, mais ne comptez pas sur moi pour lui faire la conversation... Rancild nous soutient que c'est le cheval qui l'a choisi et non l'inverse, et qu'en toute situation c'est lui qui décide, qu'il n'est que le bras et que l'équidé est la cervelle... Bientôt il lui demandera son avis pour taquiner la gueuse ! ! ! Or ce petit homme calme pourrait bien être le plus talentueux de nous tous, du moins s'il n'interrompait pas l'exercice pour s'excuser à la moindre touche. D'un caractère égal et doux à l'extrême, il occupe un poste de veilleur de nuit autour des entrepôts du port. Ce n'est sûrement pas un hasard si cet être lunaire a choisi un emploi nocturne. Sa présence a suffit pour l'instant à faire fuir les voleurs. J'ai peur du jour où il lui faudra les repousser avec sa lance. Puisse-t-il être moins fairplay que quand il s'escrime avec nous...

Bamboche et ses hommes : ils sont arrivés en automne, poignée d'hommes hagards et couverts d'ecchymoses. Derniers rescapés d'une compagnie de mercenaires envoyée en mission suicide, ils étaient venus poser un ex-voto au temple de l'Oiseau de Feu, afin de remercier une quelconque divinité guerrière de les avoir gardé en vie. Depuis, ils s'entraînent avec ardeur, promettant de venger leurs camarades lorsque le moment sera venu. Pour survivre ils acceptent un peu n'importe quel emploi même les plus crapuleux. Je crains qu'un jour nous nous retrouvions face à face et que nous ne puissions pas faire autrement que nous occire...

Les Embrocheurs de la Porte aux Ours
Tout en bas de l'échelle du quatre face.
Je me suis souvent demandé comment un personnage apprenait une nouvelle technique de combat du jour au lendemain. Runequest, l'ancêtre, avait compris l'intérêt des écoles et de l'apprentissage pour les aventuriers, alors qu'à cela ne tienne, si vous m'acceptez comme guide et bien Mr Maximilien d'Equeville se fera un plaisir de vous faire visiter quelques salles d'armes de la cité sainte.
L'entrée est des plus discrètes. Pour accéder à la salle d'arme, il faut se glisser derrière le vantail droit de cette énorme porte en bois sculpté que beaucoup considèrent comme un des vestiges les plus anciens de Laelith. La Porte aux Ours, puisque nous parlons d'elle, n'a plus beaucoup de gonds valides. Massive et sculptée de grizzlis furibonds, elle repose à droite sur les pavés et s'appuie à gauche contre les façades. A chaque fois, j'angoisse d'être trop gros pour pouvoir passer. Sur mon honneur, le jour où je bloque entre mur et vantail, j'entame un régime. Après un escalier somme toute assez étroit, l'on débouche sur une vaste salle en balcon. Ici pas de professeur ou de maître d'armes. C'est librement, entres camarades, que l'on échange bottes et techniques. Pas de tenues rembourrées ni d'épées de bois non plus. Chacun s'exerce avec ses propres armes, et par un étrange hasard, d'autres diraient que c'est un sortilège, il est fort rare que l'on s'y blesse sérieusement. De toute façon, Gorshtron Argazuk, un prêtre nain d'une divinité guerrière, distribue ses soins avec générosité.
L'entraînement y est gratuit, mais quiconque y viendrait sans parrainage se verrait infliger un cuisant bizutage. Les veilleurs de nuit y côtoient les mercenaires, les chevaliers immaculés croisent le fer avec les chasseurs de trésors qui rampent dans les boues du Cloaque. Tous cohabitent et s'enrichissent de leur savoir, avant de se retrouver devant une chope bien fraîche.
Jadis, un membre des embrocheurs qui revenait des hauteurs septentrionales ramena de son périple la peau bleutée d'un grand ver des glaces. Et croyez moi si vous le voulez, il n'y a rien de tel pour garder un tonneau au frais...

Dans le village de pêche

Les Chantiers Nautiques Gemini
Le visiteur qui pénètre dans le grand hangar de Jericho Gemini est souvent gagné par l'étonnement, car où qu'il tourne la tête, ce ne sont que femmes au labeur. La bouche pleine de clous et le marteau à la main, elles fabriquent, entretiennent ou réparent coques et mâts de toutes sortes. Femmes ou veuves de marins, colossales ou fluettes, chacune travaille à la bonne santé de l'établissement. Le patron aime à raconter son histoire. Lorsqu'un autre chantier naval lui vola, à coup de primes, tous ses ouvriers, Jericho était persuadé de sa faillite future. Pourtant il n'en fut rien. Une dizaine de malheureuses à qui la mer avait arraché les époux se présentèrent. Elles étaient prêtes à travailler pour lui, dirent-elles. Mr Gemini découvrit avec surprise qu'elles avaient certaines bases de charpenterie maritime, car toutes s'étaient un jour où l'autre occupée du voilier familial. Il décida de les engager et de les former. Après quelques années de vache maigre, son commerce est devenu plus florissant que jamais. La tradition s'est instaurée : ici, toute femme dans le besoin peut trouver un travail et une formation, c'est une façon de renvoyer l'ascenseur. Bientôt, c'est sa nièce qui reprendra son commerce. C'est une toute jeune fille pleine d'énergie et aux idées innovantes. Ne la traitez pas de gamine car il pourrait vous en cuire.

La Poissonnerie de Simple Briatore
Simple Briatore n'était pas un homme compliqué. Aussi, le jour où, en vidant un brochet, il tomba nez à nez avec un bracelet d'or orné de pierres, il se demanda ce qu'il allait en faire. Et d'un coup, tout fut évident : il allait embellir sa poissonnerie. Aujourd'hui, son échoppe est classée monument historique. On y vend toujours à la criée, sur des étals fraîchement peints et en forme de barques, des poissons ruisselants. Certaines vendeuses ont de la moustache, mais en arrière plan, dans un encorbellement doré, la Vénus sortie des eaux est une toile de Féchine et le Neptune sur son tsunami, c'est le Van Emphyrius qui l'a peint. On murmure qu'un mage talentueux aurait protégé ces oeuvres d'art inestimables par un entrelac complexe de glyphes et de runes, ou bien qu'un golem fabriqué avec des poissons morts garderait la boutique la nuit, ou encore que ce serait un imagier d'alchimiste. Et même si tout cela est ridicule, force est de constater que malgré toute la rapacité des hommes, les toiles sont toujours là.

Rue Sans Tête
Ce n'est pas une rue mais un canal peu profond qui traverse le quartier du nord au sud. Sous le règne agité de Coloquinte Premier, on y retrouva le corps décapité d'Exaegis, grand prêtre de l'Oiseau de Feu. Depuis, l'eau y est toujours étonnamment chaude et claire. Des lavandières, dans l'eau jusqu'à la taille, battent le linge sur les berges de calcite polie. Jusqu'au coeur de l'hiver,des enfants barbotent dans ces eaux chaudes, sous les cordes chargées de draps immaculés, tendues d'un bord à l'autre, à quelques pas des congères colossales qui obstruent les rues. Ils aiment à se faire peur, et au coeur de leurs histoires de fantômes, bien souvent, revient la tête poétiques que nul n'a jamais retrouvé...

Maucastel : quelques rumeurs
1/ L'héritier de Maucastel vit sur l'île et dans les ruines... Fou décharné et délirant ? Homme noble de coeur se sentant déshérité ? Rongé par l'ambition, veut-il recouvrer ses biens et bien plus encore ? Va-t-il manipuler les aventuriers, essayer de les chasser, de les duper, de les manger ?
2/ Maucastel peut servir de refuge à d'autres personnes : profonds, créatures du Cloaque, espions agramoriens préparant un coup de force, repaire de contrebandiers, base secrète de Super Fouineur ou de Bat-Trevelian, grands maîtres de guilde préparant un accord secret, conspirateurs, ...
3/ Liaison entre Maucastel et le temple des anciens via le Cloaque ?
4/ Extension secrète d'un des temples ? Ou temple secret d'une religion n'ayant pas voulu se plier au carcans tetra élémentaire de la ville ?
5/ Peut-être y fabrique-t-on des produits interdit (drogue, alcool, livre inscrit à l'index,...) ?
6/ Et si un mage visitait l'île pour y réaliser une expérience dangereuse ?
7/ Un astronome à moitié dérangé y a installé un observatoire pour être moins perturbé par les lumières de la ville ? Ou un barde désabusé, amoureux fou de Laelith (ou d'un de ses éléments, ou d'une personne y vivant). Mais, ne supportant plus d'y vivre, s'y est-il établit pour y égrener ses mélancoliques mélopées ?

Autour de Laelith

Les Iles du remboursement
Où les gens qui ont des dettes envers les chupl'z travaillent à la chaîne dans les premières usines du coin, fournissant de la vaisselle bon marché, des draps bas de gamme et des réelles mâchoires de Mandala Primus en polystyrène expansé.


Textes de
Maximilien d'Equeville

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